Des bennes de qualité exportées à 80 % vers les États-Unis
LES FABRICATIONS BRANDON
Située à Saint-Gabriel-de-Brandon, l’entreprise Les Fabrications Brandon s’est imposée comme un leader nord-américain dans la fabrication de bennes en acier et en aluminium, un succès qui s’explique par la haute qualité et le caractère novateur de ses produits et services.
Gilles Bordonado
Spécialiste dans la production de bennes de camions dédiés à l’entretien des routes, au monde de la construction, aux industries du déneigement et du transport, la compagnie Les Fabrications Brandon voit son expertise reconnue à l’international, puisque 80 % de sa production est destinée à l’exportation, principalement vers les États-Unis.
Fondée il y a plus de 50 ans, la compagnie lanaudoise a vu son chiffre d’affaires décupler depuis que les frères Sylvain et Benoit Lemaire en ont fait l’acquisition en 2012. Le premier, qui préside la compagnie, est un spécialiste de l’acier et un as vendeur, tandis que le second est un ingénieur en mécanique compétent et ingénieux.
La PME, dont FondAction est aussi actionnaire, comptait alors 17 employés et en dispose maintenant de plus de 150, en incluant la soixantaine de travailleurs de son usine de Canton dans l’Ohio aux États-Unis.
« Je travaillais pour une entreprise qui fournissait l’acier à LD Rainville & Fils, que nous avons, mon frère et moi, rebaptiser Les Fabrications Brandon. Je connaissais bien la compagnie et je voyais le potentiel qu’elle avait. Comme j’aime le secteur manufacturier et que les anciens propriétaires cherchaient une relève, je me suis lancé dans l’aventure en invitant Benoit, qui est ingénieur en mécanique, à se joindre à moi. Ensemble, on a une belle complémentarité à la direction de l’entreprise », de souligner Sylvain Lemaire.
La première chose faite par le dirigeant, c’est de s’attaquer au développement des affaires. « J’ai analysé et retravaillé notre liste de prix en fonction des volumes de vente des produits existants. Avec Benoit et notre équipe, nous avons développé une série de nouveaux designs et optimisé nos processus par un système informatique ERP (NDLR : Progiciel de gestion industrielle intégrée) », d’ajouter le président.
Ce qui distingue Les Fabrications Brandon, c’est sa capacité à innover en offrant des produits fiables et durables. Des plus petites aux plus lourdes, ses bennes basculantes en acier sont prisées pour leur résistance. Cela les rend idéales pour des applications dans des environnements de travail difficiles. Quant à ses bennes en aluminium, légère et facile de manutention, elles offrent une grande résistance à la corrosion. Proposant aussi des remorques en acier et une série d’équipements faits de ce métal, comme des grattoires à neige, les bennes Brandon sont parmi les plus polyvalentes sur le marché.
Une forte présence aux États-Unis
Ce nouvel éventail de produits en main, la compagnie a bâti un réseau impressionnant de concessionnaires aux quatre coins du Canada et des États-Unis. Ces distributeurs, qui passent leurs commandes et réalisent eux-mêmes les installations, ont permis aux Fabrications Brandon de gagner des parts importantes de marché des deux côtés de la frontière.
Si aucune fabrication n’est réalisée aux États-Unis, son usine ArmTruckCorp de Canton en Ohio assemble, participe à ce succès. Cette filiale complète la finition et la peinture de bennes produites à St-Gabriel-de-Brandon et vendues au marché américain. Elle est réputée pour ses systèmes de déneigement et de déglaçage et une technologie innovante de suivi des déneigeuses développée par l’entreprise.
« Notre département de recherche et de développement ne cesse de repousser les limites de l’innovation. Nous cherchons constamment à manufacturer des produits toujours plus performants » d’ajouter monsieur Lemaire, qui cherche toujours avec son frère à offrir à sa clientèle des solutions sur mesure et répondant à ses besoins.
Le président souligne d’ailleurs que la SODIL a contribué activement à cette croissance à l’exportation en collaborant à sa stratégie visant le marché américain.
Tarifs et main-d’œuvre étrangère
S’il recherche la croissance, Sylvain Lemaire souligne que la période actuelle apporte son lot de stress et d’anxiété, en particulier pour les employés de l’entreprise. Conscient que peu de manufacturiers offrent des produits similaires aux siens, le président note que les clients américains qu’il a rencontrés lors d’une foire commerciale récente ne sont pas heureux d’avoir à payer les tarifs imposés par leur pays.
« C’est sûr qu’ils ne veulent pas payer ces frais de douanes supplémentaires, mais nous sommes forcés de les leur réclamer. Ce n’est pas nous qui les avons imposés, c’est leur président. Nous disposons d’un carnet de commandes bien garni de huit mois devant nous et nous espérons que la situation se réglera d’ici là. Sinon, on avisera » de noter monsieur Lemaire.
Il ajoute que ces tarifs ne l’amèneront pas à construire une usine aux États-Unis : « J’évalue que cela nous prendrait d’un à deux ans pour en construire une et ce serait encore plus long et difficile pour un entrepreneur américain qui se lancerait dans une production similaire à la nôtre. Ça n’a juste pas de sens. Sans compter que l’administration Trump désire expulser des millions de travailleurs étrangers hors du pays alors que des régions complètes vivent des pénuries de main-d’œuvre. Je crois que le président Trump, dans notre cas, ne réalisera pas son objectif, sinon d’utiliser les tarifs comme outils de négociation », d’expliquer monsieur Lemaire.
Si les tarifs représentent une menace, le président des Fabrications Brandon se dit beaucoup plus inquiet de l’impact des récentes décisions du gouvernement du Québec en ce qui a trait à l’expulsion potentielle de travailleurs spécialisés recrutés à l’étranger.
« C’est un immense enjeu pour les manufacturiers d’ici qui ne trouvent pas de travailleurs québécois pour œuvrer dans leurs entreprises. On peut bien parler de croissance, mais si nous ne disposons pas de la main-d’œuvre pour produire, il nous sera impossible de croître. Notre cinquantaine de travailleurs venus d’ailleurs est rentable pour le Québec. Non seulement ils aident notre économie à grandir, mais ils contribuent à la richesse de la société québécoise. Ils ne travaillent pas au noir, ils sont bien rémunérés et ils payent des impôts. La décision de les expulser est déraisonnable. Ça doit changer sinon ça risque d’être un désastre pour bien des entreprises d’ici », de conclure, monsieur Lemaire.
Sylvain Lemaire préside Les Fabrications Brandon.
Le vice-président Benoit Lemaire.
Une benne avec spécifications FLEX.
Un camion benne avec la version FLEX.
Une benne équipée en cas de catastrophe.
Une plieuse de haute précision grâce à la technologie laser.
Une table de découpe laser, un des équipements ultras modernes de l’entreprise.
Une remorque signée Fabrications Brandon.
Une benne déchiqueteuse pour protéger l’acier dans un environnement acide.
Photo prise dans l’usine montant des éléments entrant dans la production de bennes.